segunda-feira, 4 de maio de 2009

Le FMI au secours du paradis du capitalisme : l'Angleterre !



Pitoyable ! Et le mot est faible ! car il est difficile de garder la tête froide devant la possibilité évoquée ces derniers jours par l’Angleterre : faire appel au FMI pour redresser son déficit public. Hier, pays dominateur par son soit-disant système économique performant, par son exemple de croissance du PIB, par ses innovations financières, par son « libre-échangisme » ! Combien de leçons données par ces brillants économistes, notamment pour la rédaction du TCE et du fameux Traité de Lisbonne ? Personne n’a compté...

Aujourd’hui, le modèle économique anglais révèle sa réalité : du vent ! Une chute libre dans ce modèle « supérieur », dans le « marché libre qui garantit la prospérité », dans la flexibilité, la destruction du social, le règne de « la concurrence libre et non faussée », le communautarisme. Aucun mot n’est assez dur pour qualifier cette réalité qui aujourd’hui crève les yeux : le modèle économique anglais est celui d’une usine à produire de la misère ! Il n’est plus possible de ne pas l’écrire : le libéralisme anglo-saxon est une entreprise de destruction massive de la société et des individus.
Le dernier appel anglais au FMI remonte à 1976, date où le parti travailliste avait fait appel à ce qu’il faut bien nommer « le fossoyeur du tiers monde » tant les politiques du FMI ont fait des ravages dans les pays en voie de développement. Le désastre social des mesures imposées par le FMI avait été tel que le parti travailliste avait mis 20 ans à s’en remettre. Et si Gordon Brown a pour le moment écarté cette éventualité, ce n’est certes pas pour des raisons humanistes (il y a longtemps que le parti travailliste n’en a plus...), mais c’est bien pour des raisons tristement électoralistes...
Le gouffre d’un système : le dogme de la croissance

Le capitalisme repose sur « le dogme de la croissance », illusion terrible qui pose que l’accumulation permanente des biens matériels est source de bonheur, de joie de vivre, de plaisir à exister. Mais une analyse psychologique montre qu’une personne concevant le bonheur comme reposant sur le fait d’accumuler le plus possible d’argent et de posséder le plus de biens possibles a en réalité de sérieux troubles pathologiques et une incapacité à se construire en tant qu’individu. Ainsi, à défaut de « se cultiver » en tant qu’être, une telle personne cherche à posséder pour montrer qu’elle existe. Telle est la logique de l’ère industrielle, que cette logique soit individualisée (sociétés occidentales) ou collectivisée (expérience des ex-pays soviétiques). Il est nécessaire de sortir de cette logique qui avilie tout à la marchandise, par laquelle tout est vécu comme une marchandise.
S’opposer se fera en deux temps : gérer la crise et construire l’avenir

N’en déplaise, si la crise a été déclenchée par la financiarisation et le productivisme, elle est avant tout humaine : chômage, attaques des droits et destructions des infrastructures collectives qui affaiblissent ceux qui n’ont pas l’argent pour eux. La relance keynésienne étant vouée à l’échec, il est impératif d’arrêter les discours axés sur la croissance ou la relance, et ceux qui envisagent le retour d’un état providence tel qu’il a pu se développer dans les trente glorieuses trompent ceux à qui ils s’adressent : ce temps est révolu, il ne reviendra pas. De fait, l’urgence est à « gérer une crise » structurelle, et à « préparer l’avenir ».
Gérer veut dire faire en sorte que l’individu ne finisse pas dans la misère, veut dire avoir accès aux soins, avoir accès à une éducation de qualité et à un logement.
Un plan logement est nécessaire car c’est la part du budget des ménages qui a le plus augmenté et qui pose un réel problème au point de sacrifier la nourriture chez les revenus les plus modestes (l’INSEE ne considère plus le « panier repas » comme un indice pertinent tant celui-ci est désormais soumis au budget logement). Sur ce plan, les prêts à très long terme (plus de 20 ans) font prendre des risques considérables. Il est donc urgent de casser les revenus des rentes immobilières qui vampirisent les ménages par le logement et d’envisager des aides pour les ménages soumis à des prêts immobiliers trop importants et acceptés parce que rendus incontournables.
Pour garantir l’accès à la nourriture, il faut créer et ouvrir des jardins ouvriers pour rendre l’autonomie alimentaire. Il faut également casser les circuits de distributions « longs » en instaurant le protectionnisme face à des pays exploitants leur misère sociale pour produire à bas coût. Refuser les échanges alimentaires internationaux pour les denrées primaires afin de rendre les pays autonomes par régions géographiques. Sur le plan national, il s’agit de favoriser la production locale en mettant en place des réseaux de distributions le plus court possible (du producteur directement au citoyen), et d’attaquer frontalement la grande distribution qui pille les producteurs et les acheteurs : il faut contrôler et imposer des marges ; et compte tenu de l’ampleur de la crise, il est nécessaire d’exiger le retour à des prix plafonnés pour les denrées de premières nécessités.
Construire l’avenir

Construire l’avenir ne doit pas se faire en idéalisant le système des trente glorieuses qui ne pourra revenir compte tenu des performances des taux de productivité actuels. Il est donc impératif de comprendre que la répartition du travail et des fruits de ce travail passera par une réduction importante du temps de travail, mais aussi (et c’est impératif !) par la compréhension que ce qui a mené le système au bord du gouffre et à 3000 chômeurs supplémentaires par jour, c’est le fait de vouloir toujours produire plus. Aussi, les grands axes pour concrètement mettre en place un système alternatif sont d’une part l’appropriation et l’orientation de la fabrication vers des objets durables et réparables, donc refuser la logique de consommation et de gaspillage ! La recherche pour produire doit être ouverte et coopérative : plus de brevets garantissant la rente, les marges, autrement dit : l’actionnariat exigeant des taux de rentabilité impossible à tenir d’un point de vue social et écologique. Le refus du brevet, le développement de la mise en commun, de l’intelligence collective (notamment au moyen d’internet comme outil de communication) a pour but de créer, chercher et mettre à disposition un savoir collectif. C’est déja le cas pour le logiciel libre ou les molécules anti-paludisme déposées dans le domaine public et fabriquées à pris coûtant au grand damne de l’industrie pharmaceutique qui fit tout pour interdire cette fabrication qui la privait de sa rente.

Aujourd’hui, alors que le monde connaît une crise structurelle sans précédent penser un projet alternatif est indispensable ! Et il faut avoir le courage de le dire et de l’argumenter (car sans argument, il n’y que de l’insulte...) : « le capitaliste est un malade de la vie, un névrosé ! ». Aucun programme économique, aucun projet social, aucun discours écologique ne pourra se lever contre le productivisme s’il n’intègre pas cette dimension fondatrice de l’esprit du capitalisme : le rapport maladif à la vie et au monde. Des mesures d’urgence et des projets alternatifs, pour être pérennes, doivent combattre cette dimension et dissocier très clairement la vie heureuse de la consommation, de l’argent, de la possession, de la production et pour cela montrer, dans des mesures sur le logement, sur la nourriture, sur l’emploi, sur la santé, que seul le refus de la rente et du brevet rend possible une alternative durable.

Évariste
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Um comentário:

Anônimo disse...

Nous vous remercions de intiresnuyu iformatsiyu